Editorial
Par Marie-Claude Daydé, Infirmière  - Coordinatrice du groupe de travail Ethique pratique à domicile

, Juin 2016

    • Les professionnels des soins et de l’aide à domicile rencontrent leurs propres questions d’éthique pratique.


    • Peu d’études se sont intéressées aux questions éthiques rencontrées par des professionnels dans la pratique des soins ou de l’aide à domicile. L’EREMIP a constitué un groupe de travail sur le thème « questions d’éthique pratique à domicile » réunissant médecins, infirmières, psychologues, assistantes de service social. Nous avons mené des enquêtes par questionnaires auprès de différents professionnels. L’objectif de ces enquêtes était d’identifier, d’une part, les dilemmes éthiques auxquels sont confrontés les infirmières et les psychologues libérales, ainsi que les auxiliaires de vie sociale dans leur pratique et d’autre part, l’utilité d’une aide. Les interrogations éthiques dans la pratique constituent une préoccupation commune pour les professionnels interrogés. 50% des infirmières déclarent avoir été confrontés à des dilemmes éthiques. 93% des psychologues et 95% des services d’aide à domicile ont été confrontés à des questions d’ordre éthique. Pour les infirmières libérales, les problématiques dominantes touchent aux questions de fin de vie et de fragilités des personnes vulnérables. Viennent ensuite des questions relatives à la confidentialité/l’intimité/le secret et le consentement /le refus de soins et plus rarement les questions liées au début de la vie. Les problématiques qui concernent la pratique des psychologues sont l’information, le secret, la confidentialité, mais aussi la fragilité des personnes vulnérables et les limites du domicile, les relations avec l’entourage de la personne prise en charge et la limite des interventions du professionnel. Ils sont rarement confrontés à des questions éthiques liés au consentement de la personne ainsi qu’à la fin de vie. Pour les auxiliaires de vie sociale les questions les plus fréquentes relèvent des difficultés avec l’entourage et des limites de l’intervention. Viennent ensuite la fragilité des personnes, la fin de vie puis le consentement et l’acceptation des aides.


    • Pour aborder ces questions, la plupart des professionnels se saisissent « d’espaces existants » pour en parler ou créent la rencontre (collègues, médecins, autres professionnels, réunions d’équipe…). Cependant, une majorité d’entre eux souhaitent un interlocuteur privilégié (57% des psychologues, 60% des infirmières et 86% des aides à domicile).
    • Pour répondre à cette attente, le projet de l’EREMIP est : de matérialiser une cartographie des ressources éthiques existantes au sein de la région qui pourraient être sollicitées par les professionnels du domicile, et d’aider à la création de nouveaux espaces territoriaux de réflexion éthique.
      Retrouvez le détail de ces enquêtes http://www.eremip.org/nos-travaux/groupes-de-travail/